Biographie

Jean-Michel Comte est né en 1975 à Nice.

Il vit aujourd’hui en Suisse.

De sa ville d’origine il garde une fascination pour la lumière. Les contrastes radicaux et la dualité noir-blanc caractérisent ses images.

Il commence très tôt à affirmer un goût pour l’univers artistique. C’est un élève dissipé, qui ne montre d’intérêt que pour les langues, le français et le dessin.

Son identité très tôt perçue comme une souffrance lui inspirera des années plus tard la rédaction d’un mémoire de fin d’études, Incidents, où sont relatés ces épisodes marquants. De cette adolescence solitaire et inconfortable, il gardera une passion pour les mots et l’écriture ; plus tard le dessin viendra s’ajouter à ces passe-temps artistiques.

Après une formation professionnelle en commerce, il intègre une école préparatoire aux beaux-arts (La Villa Thiole de Nice), où il conçoit son premier travail d’expression plastique. Ce seront des autoportraits médusés, recouverts de morceaux de miroir brisés.
En 1996 il intègre l’École des Beaux-Arts de Toulon> http://www.esadtpm.fr, d’où il sort diplômé en 2000. Diverses expositions collectives durant ces quatre années varoises, où sa façon de travailler les supports-papiers collés, découpages, contrastes noir/blanc va s’affirmer. Il réalise aussi à ce moment-là ses grands aplats noirs entièrement réalisés au stylo bille, outil qu’il ne quittera plus.

A cette époque il développe également sa façon de traiter les portraits des vignerons varois avec ses petits bouts de papiers déchirés-collés. Technique qu’il revisitera pour réaliser le portrait de son grand-père en 2004.
En 2000 il intègre l’École Supérieure D’Arts Visuels de Genève (aujourd’hui HEAD> https://www.hesge.ch/head) en suivant les ateliers du peintre Peter Roesch et du plasticien Jean Stern.

Cette même année il contribuera à la mise en place du nouveau musée d’Yvon Lambert en Avignon > http://www.collectionlambert.fr. Une expérience forte et marquante.

Durant les quatre années où il fréquente la HEAD, il s’essaye à diverses expérimentations, en gardant toujours son exigence pour le dessin gestuel, graphique, noir et blanc, qui utilise l’immédiateté et l’impulsion comme principaux vecteurs.
Les dessins de cette époque (2000-2004) expriment la vitalité d’un instant furtif. Un geste. Une façon d’exprimer un état intérieur, radical, qui comme un sursaut surgit sur la feuille telle une explosion. Parallèlement, les textes et mots écrits par couches successives jusqu’à n’être plus visibles sont une de ses signatures.
Entre les dessins qui ne relatent qu’un geste saturé et les phrases illisibles, on reste dans le même univers graphique : le graffiti, la rature, la radicalité. Des repentirs constants, des obstructions.

La production est foisonnante.

Après plusieurs années dédiées à d’autres aventures, où il appréhendera le monde du luxe, en travaillant pour de grandes maisons Italiennes et Françaises, il revient à une pratique intensive du dessin. Celle-ci, aujourd’hui, se trouve enrichie d’une nouvelle maturité ; après une période douloureuse et une remise en question d’une intensité que l’on devine profonde, ses dessins trouvent une nouvelle dimension. C’est un répertoire de phrases, de reproches, de mots, que l’on comprend plus subis que choisis, recrachés sur le papier. Les mots sont pour la plupart recouverts de ratures, de rayures, et sont rarement lisibles. On est dans une impossibilité de communication, dans un univers où le sens des mots est ôté, où la lettre est un prétexte au geste du dessin. Tout un vocabulaire de lignes, de script, de repentirs qui annulent le sens de cette prose en en dilatant l’intensité visuelle. Il y a trois principaux axes dans le travail actuel de JM Comte; les Lignes, les Mots, les Écritures.

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Le travail de Jean-Michel Comte parle d’abord du geste et de l’outil d’écriture, dans leur signification, leur forme, leur esthétique, leur mouvement, leur application sur la feuille.
Qu’il traite des mots, de leur forme, de leur éclatement ou de leur annulation, cette profusion de noir et de gris s’attèle à nous indiquer dessin après dessin que formuler un sens à ces lettres est une épreuve sans cesse renouvelée, pour l’homme qui se trouve dépourvu de la faculté de les utiliser avec clairvoyance. Un bruit s’échappe de ces esquisses et émane de ces gestes puissants et secs, à moins qu’il ne soit simplement étouffé.

Ces sons ne sont pas audibles. Nous errons dans un monde de formes qui ne forment plus ce à quoi elles étaient destinées. « Lost their Meaning » (ils ont perdu leur sens) comme titre l’un de ses dessins.

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